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Le sommeil et les rêves
Une autre nuit approche et nous allons encore nous allonger pour dormir.
Nous dormons tous. Personne ne peut contourner ce besoin. Cela fait partie du cycle normal de la vie.
Ce sont quand-même plusieurs heures dans une journée de vingt quatre heures qui sont allouées au sommeil, lorsqu’on y pense. Environ le tiers de notre vie terrestre se passe en dormant!
Chacun se lève, puis se couche, en un cycle qui rythme le quotidien.
Une chose est évidente: être endormi ce n’est pas comme être réveillé! Premièrement, on doit s’allonger lorsque l’on veut dormir plusieurs heures.
Deuxièmement, on sait que l’on va “perdre la conscience diurne”, que l’on va cesser de penser. Les seuls souvenirs que l’on aura peut-être de notre sommeil seront ce que l’on appelle “les
rêves”.
Lorsque l’on regarde d’autres personnes dormir, on peut en découvrir un peu plus.
On voit que le corps d’un dormeur se relâche et qu’il reste immobile pendant de longues périodes, l’air détendu, respirant tranquillement. Parfois cependant, le corps se met à bouger et il semble
“vivre quelque chose”, il peut parfois parler, crier, pleurer, rire. Si on le réveille alors, il se souvient d’un rêve.
Mais que se passe-t-il vraiment lorsqu’on dort?
Le laboratoire du sommeil
Il y a plusieurs décennies déjà que la science étudie le sommeil “en laboratoire”. On y a observé des êtres humains qui dorment et on a pu constater que la même chose est observée chez tous les
dormeurs.
Il existe deux phases différentes durant le sommeil : une phase où le corps est presque sans activité, une autre phase où il montre des signes d’activité.
Observons donc une personne qui s’apprête à s’allonger pour dormir:
D’abord, tant que la personne est éveillée et stimulée, ses ondes cérébrales sont rapides soit de 14 à 30 Hertz, ondes dites bêta (ces ondes peuvent être mesurées avec des électrodes que l’on met
sur la tête).
La personne s’installe pour dormir dans une position qui la sécurise. Elle ferme les yeux et les ondes de son cerveau deviennent plus lentes (8 à 13 Hertz, ondes alpha).
Vient alors le début de l’endormissement. La personne passe en sommeil léger. Les ondes de son cerveau deviennent encore plus lentes (4 à 7 Hertz, ondes thêta). On peut noter des mouvements lents
des yeux sous les paupières…Si on réveille le dormeur à ce stade, il peut parfois se souvenir d’images furtives, floues.
Il y a relâchement progressif de la tension dans le corps, le coeur bat de plus en plus lentement, la respiration devient plus lente, la tension artérielle baisse, les muscles se relâchent. Le
cerveau est de moins en moins actif.
La fréquence des ondes cérébrales baisse de plus en plus à mesure que le sommeil passe de léger à profond, comme des vagues de plus en plus espacées. Les ondes mesurables vont de 0,5 à 3 Hertz
(ondes delta). Ce sommeil profond est appelé aussi sommeil lent en raison de la lenteur des ondes mesurées.
Plus le métabolisme du corps est ralenti, plus le sommeil est profond. Les ondes cérébrales deviennent très espacées mais ne cessent pas complètement .
Tout ceci s’échelonne sur un peu plus d’une heure, le dormeur apparaît de plus en plus paisible. Le menton peut s’affaisser. Le dormeur peut ronfler à cause de cette diminution du tonus
musculaire. Le corps apparaît complètement détendu. On dirait qu’il est vidé de toute tension, dans un état voisin de la mort. Il est difficile de réveiller le dormeur à ce stade.
Puis, tout à coup, le dormeur devient rêveur actif. Les ondes mesurables du cerveau redeviennent plus rapides (de type bêta), aussi actives qu’à l’état de veille. Là commence une curieuse phase
d’activité du corps, bien que le relâchement musculaire soit toujours extrême. Les chercheurs ont nommé cette phase sommeil rapide, ou sommeil REM. REM pour rapid eye movement (mouvement rapide
des yeux). Le rêveur peut parfois bouger, parler, crier, pleurer, rire.
Cette phase est tellement incompréhensible du point de vue logique strictement terrestre qu’on l’a aussi nommée sommeil paradoxal.